Maternelle

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L’école maternelle se base sur une architecture de cinq domaines d’apprentissages qui s’articulent autour de trois grands axes ou pôles :
1/- Le pôle du langage ;
2/- Le pôle de l’action, la sensation, l’imagination, la sensibilisation, la Pensée ;
3/- Le pôle de la culture mathématique, scientifique et technique.
Les cinq domaines d’apprentissage
Parler de l’école maternelle c’est d’abord parler de ses missions qui constituent un cycle unique nt à leur besoin d’activité et leur fournissent l’occasion des expériences nécessaires.
Dans cet espace personne ne leur reproche d’être « des touche-à-tout »
Personne ne les dérange quand ils sont engagés dans leurs jeux.
Pour des le maternelle propose donc des « modalités spécifiques d’apprentissages » dont le jeu, la réflexion et l’exercice occupent une place primordiale. Elle implique une « éthique » et un professionnalisme des enseignants (respect des enfants, langage adapté, travail en équipe et réflexion de l’évaluation) ; chose qui offre à l’enfant les conditions de son épanouissement sont résumés comme ce qui suit :
1/- Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions c.à.d. à l’oral et à L’écrit ;
2/- organiser et prendre des repères (quantités, formes et grandeurs, espace et temps) ;
3/- Explorer le monde des vivants, des objets et de la matière ;
4/- Agir, s’exprimer, comprendre à travers l’activité physique ;
5/- Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques.
Sans rentrer dans les détails et citer la définition générale de chaque pôle, la liste d’« objectifs » visés pour les élèves et « les éléments de progressivité», les suggestions de « conditions et moyens pour permettre aux élèves de réussir » et la liste des « attendus de chaque fin de cycle » ; Car nous présumons que c’est un plan dont les parties rentrent dans l’ordre des choses auxquelles les institutrices de la maternelle porteront un intérêt plus que les parents.
Par contre j’aimerai mettre l’accent sur l’approche de la pédagogie de l’éveil adaptée au sein de l’école maternelle.
Eveiller les enfants à l’école maternelle c’est leur présenter le monde des objets, des êtres humains et des valeurs.
A partir de l’éveil de leurs sens et de leurs perceptions, les enfants questionnent et éprouvent de l’intérêt pour le monde qui les entoure.
La finalité est la connaissance de ce monde, la connaissance progressive qui passe par toute la personne, que ce soit le mouvement corporel, les perceptions sensibles ou l’intelligence. Elle se fonde sur la capacité qu’à tout être humain d’être en relation avec le monde physique, le monde des objets et le monde social.
C’est à partir de ce tissu de relations entre l’enfant et le monde que se forge le développement de l’enfant.
La pédagogie de l’éveil est une forme d’approche qui part de ce que fait l’enfant, puis qui structure ses premières connaissances et enfin qui permet l’utilisation de ce qu’il sait et de sa motivation à d’autres activités.
Ce triptyque ; libération – structuration – maîtrise est une démarche qui peut être reprise dans cette pédagogie de l’éveil pour toutes les disciplines. Il s’agit bien de partir des possibilités de l’enfant quel que soit son âge. C’est une pédagogie qui est susceptible de donner une arête, une direction, une orientation, à toute la pédagogie de l’école maternelle.
Lors de la première phase dite libération les enfants vont relever tout ce qui les motive. A la fin de cette phase on met en paroles ces observations qui sont déjà une forme de structuration de la pensée intellectuelle car quand les enfants dessinent et se forgent des représentations ; ils sont sur le premier pas de la phase de la structuration. Là les éducatrices reprennent les objets qui ont attiré l’attention des enfants et essaient de mieux les connaître ensemble pour aider les enfants à affiner leurs observations afin qu’il y ait une compréhension intellectuelle des mécanismes.
Et là c’est une phase d’exploration et de recherche très structurée. C’est la phase de la maîtrise qui consiste à élargir l’intérêt en faisant des observations plus systématiques et repartir vers d’autres approfondissements ou d’autres découvertes avec ce que l’on sait déjà.
Les enfants de la maternelle peuvent amorcer des apprentissages plus structurés et approfondir leurs connaissances par tout un jeu de questions. C’est important au départ de permettre les pré-connaissances qui sont souvent animistes.
Pour qu’ils prennent conscience des choses qui ne correspondent pas au réel, il est fondamental qu’ils les disent et qu’ils les dessinent. Ensuite on peut expliquer les phénomènes qui leur sont plus complexes.
Cela les aide à sortir d’une phase décrite par Henri WALLON où les enfants pensent que « Ce sont les feuilles des arbres qui bougent et qui font le vent ». Sortir de cette étape c’est rétablir l’ordre des phénomènes pour que les enfants se trouvent dans le monde qu’ils perçoivent et qu’ils comprennent. C’est une pédagogie de la compréhension et non de la compilation des connaissances.
Comment passe-t-on alors de l’observation, de la perception à l’activité ?
Dans l’activité véritable on s’engage avec son intelligence, avec ses mots, avec ses mains. L’activité est un approfondissement de la perception et permet une compréhension des choses. La pédagogie de l’éveil est une réhabilitation de la perception c’est pour cela qu’elle convient si bien aux jeunes enfants.
Trop souvent on croit que la perception va de soi et on oublie qu’elle peut être la source de connaissances véritables. Si on la laisse en jachère, on rive les enfants à la seule lecture unique source de connaissances : en maternelle, c’est comme si on attendait l’acte de lire pour commencer à apprendre alors qu’il peut déjà y avoir une réelle compréhension du monde et des objets. Il est donc important de partir de l’observation physique.
Il faut s’attacher à cette phase d’observation vécue et d’attention sensible aux choses. C’est ce que Marie MONTESSORIE avait mis en avant à propos de la sensorialité à la maternelle, bien qu’elle l’ait fait sous une autre forme et de façon plus découpée. C’est la relation de l’enfant avec le milieu qui est importante ; donc une perception plus globale avec les cinq sens en éveil.
Cela donne la motivation et fonde l’activité intellectuelle qui va se poursuivre. Cela veut dire quelque chose aux enfants bien plus qu’un discours ou un livre à propos des choses.
Dans l’enseignement on est obligé d’orienter vers la biologie, la géographie et l’apprentissage des langues. Ce que l’on respecte ce sont toutes les possibilités de la personne. On n’évacue ni le corps, ni le mouvement, ni la main, ni les sens. On ne doit pas transformer les êtres humains en simples boîtes à engranger des connaissances abstraites. Si non on ne met en jeu que la mémoire et qu’une partie de l’intelligence.
Dans ce sens, on peut négliger le rôle de l’affectivité dans l’acquisition des connaissances. On ne peut considérer les enfants comme des objets qu’on déplace ou auxquels on fait faire des choses, mais on les met dans l’attitude de « s’intéresser à … ». Les enfants questionnent surtout si on les incite à observer. C’est en approfondissant ces questionnements qu’on peut leur faire construire des connaissances qui prennent sens pour eux.
Ce désir de connaitre qui habite les enfants pour pouvoir s’adapter au monde qui les entoure, peut être ravivé par de nombreuses activités. L’éveil, l’étonnement, l’intérêt correspondent à la partie affective, motrice et dynamique de l’intelligence. L’intérêt n’est ni dans la chose, ni dans l’enfant : Il est entre les deux, dans la relation de l’enfant au monde.